Portrait de Naniwaya Okita

par Kitagawa Utamaro

1892

Estampe japonaise

Ukiyo-e

Ukiyo-e 浮世絵, Ukiyo-e est un terme japonais signifiant « image du monde flottant », utilisé durant l'époque d’Edo (1603-1868) pour désigner un nouveau genre de peinture, comprenant non seulement une nouvelle peinture populaire et narrative, mais aussi et surtout les estampes japonaises gravées sur bois.

Après des siècles de déliquescence du pouvoir central suivies de guerres civiles, le Japon connaît à cette époque, avec le pouvoir central fort du shogunat Tokugawa, une ère de paix et de prospérité qui se traduit par la perte d'influence de l'aristocratie militaire des daimyō, et l'émergence toute nouvelle d'une bourgeoisie urbaine et marchande. Cette évolution sociale et économique s'accompagne d'un changement des formes artistiques, avec la naissance de l’ukiyo-e et de ses estampes peu coûteuses, bien loin de l'aristocratique école de peinture Kanō.

Les thèmes de l’ukiyo-e sont également tout à fait nouveaux, car ils correspondent aux centres d'intérêt de la bourgeoisie : les jolies femmes et les courtisanes célèbres ; les scènes érotiques ; le théâtre kabuki et les lutteurs de sumo ; les calendriers et les cartes de vœux ; le spectacle de la nature et des lieux célèbres.

Tout d'abord considéré au Japon comme vulgaire par sa valorisation de sujets du quotidien, ce genre connaît à la fin du XIXe siècle un grand succès auprès des Occidentaux après l’ouverture forcée du Japon sur le monde extérieur à partir de 1858. Les grandes collections privées d'estampes japonaises d'Europe influencent alors fortement la peinture européenne, et en particulier les Impressionnistes.

La fabrication d'une estampe japonaise ne fait pas intervenir que l'artiste lui-même ; le dessin réalisé par celui-ci n'est que la première étape d'un processus complexe, faisant appel à plusieurs intervenants l'artiste, l'éditeur, le graveur, le ou les imprimeur.

La connaissance de quelques points de cette fabrication est indispensable pour bien comprendre ce qu'est une « estampe japonaise originale » :

* chaque estampe imprimée à partir des plaques de bois gravées originales est un original, et il n'y a pas d'autre œuvre originale : le dessin préparatoire d'origine (le shita-e, « l'image de dessous »), réalisé par l'artiste lui-même est généralement totalement détruit par le processus de gravure de la planche portant les traits de contours. Qui plus est, même lorsque le dessin original est conservé (en général parce que l'artiste a fait graver une autre version du dessin), il est fréquent qu'il ne soit pas « terminé » à nos yeux, et qu'en particulier, il ne porte aucune couleur ; on trouve aussi des dessins originaux comportant des empiècements de morceaux de papier découpés, puis collés sur les parties à corriger, qui sont les repentirs de l'artiste ;
* ce n'est pas l'artiste lui-même qui grave les plaques de bois originales, mais un graveur très expérimenté, qui peut être connu de l'artiste, qui supervise personnellement l'édition en tout état de cause. Toute regravure ultérieure de l'œuvre (effectuée sans la supervision de l'artiste) ne sera donc pas un original, quelle que soit sa qualité d'exécution ;
* ce n'est pas le graveur qui va imprimer les estampes finales, aboutissement du processus, mais des artisans spécialisés, utilisant le baren (tampon de bambou servant à frotter le papier sur la planche encrée) et le kento (pour s'assurer que chaque planche vient exactement s'imprimer à sa place, sans mordre sur les autres) ; l'impression des différentes couleurs se fait dans un ordre précis, pouvant impliquer jusqu'à une dizaine d'impressions successives, en commençant par le noir ;
* il peut exister plusieurs versions originales d'une même estampe ; l'un des exemples les plus connus est un portrait de Naniwaya Okita tenant une tasse de thé, fait par Utamaro : la première version comporte un rébus pour transcrire le nom de la belle Okita en dépit de la censure ; lorsque même les rébus furent interdits pour désigner les modèles, Utamaro remplaça le rébus par le portrait d'un poète. Sans aller jusqu'à cet exemple extrême, les variantes de l'arrière plan d'une estampe sont fréquents.

Le premier tirage de l'estampe se poursuit jusqu'à ce que l'usure du bois commence à donner des traits moins nets et des repères de couleurs moins exacts ; l'édition originale est alors en principe terminée, ce qui peut représenter un total de l'ordre de trois cent estampes environ. Cependant, la résistance du bois permet des tirages beaucoup plus importants dans des conditions acceptables de qualité (comme on le voit aujourd'hui sur des regravures modernes), et, dans la mesure où les estampes de la toute première série n'étaient pas physiquement identifiées, on ne peut pas aujourd'hui connaître, ni le rang d'édition d'une estampe, ni l'importance réelle du tirage.

Celle ci provient d'une gravure sur bois de 1953.

Si vous voulez acquérir une estampe japonaise soyez très prudent...

Bon nombre de pseudo-estampes sont en fait des photocopies laser.

Achetez seulement chez des marchands de bonne réputation.

Regardez bien le papier et aussi l'envers du papier qui doit montrer du relief...

 

 

celle ci est réalisée sur papier micas qui rend un aspect brillant irisé sur le fond.

 

on aperçoit le bord du kimono qui a été recousu

 

 

 

 

l'envers

les zones noires de l'encre traversent le papier

enfin c'est une belle estampe de qualité.